Paris Tropiques (Urban Decay)

Je rêvais d’elle depuis des semaines… les palmiers, la plage, la promesse d’un voyage entre soleil et sable blanc… mais oui c’est une palette, je sais. Mais je suis comme ça, un vrai cœur d’artichaut. Quand on me promet paillettes (raisonnablement, hein), balade et qualité de pigments, je me laisse mener par le bout du nez. Destination Bora Bora et destination Lookfantastic surtout où l’on trouve cette petite chose 7€ moins cher (32€ et quelques) que sur le site de Sephora. Ben voyons…

Aujourd’hui, le voyage est immobile, d’où ce titre quelque peu trompeur. Je ne bouge pas de Paris et toutes ces photos ont été prises dans mon jardin. Le corail, les cocotiers, les alizés, ils sont dans la boîte et un peu sur les yeux de Madame Curves. Bouclez votre ceinture, début du crash test dans 5, 4, 3, 2…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

J’aime son packaging, le graphisme avec ces palmiers sur fond de ciel bleu, le monogramme de la marque et ces lettres cuivrées en relief ; et j’aime son format que je trouve original même si, honnêtement, il est loin d’être pratique à l’usage…

Oh la la, c’est le moment où je réalise qu’une chronique qui s’annonçait positive, voire dithyrambique, va finalement tourner au bilan mitigé. C’est arrivé déjà avec la palette Smoky – Urban Decay, une gamme de couleurs sombres et glacées ultra urbaines et tellement pigmentées qu’elles sont difficiles à porter, à moins d’être chanteuse de rock.

Je l’aime comme on aime parfois dans la vie un amant entier au caractère difficile et aux manières contestables. Et dans ces moments-là, on finit tôt ou tard, même à contre cœur, à reléguer la palette au fond du tiroir. C’est pas une question de beauté, c’est pas une question de panache, c’est pas une question de qualité… c’est une question d’équilibre et d’ennui. J’aime les palettes qui en jettent, oui, mais je reviens toujours à celles, plus raisonnables et plus sobres, qui m’apportent plaisir et souplesse. Les Naked 1 et 2 (ci-dessous) par exemple, moins extravagantes mais infiniment plus modulables et qui font que même si le cœur bat moins fort, notre histoire dure.

Avec cette Beached Eyeshadow Palette, on a affaire à ce genre de relation compliquée. La promesse est claire, nette et précise. Tropicale. J’adore, oui. Mais elle ne m’apportera que ça. Du tropical, du tropical et encore une louche de tropical. C’est sa promesse, par conséquent, ma critique est très certainement irrecevable. Mais quand même, on ne parle pas d’une palette aux couleurs estivales, on parle d’une palette qui, sensiblement, offrira une créativité limitée à oranger/cuivré et/ou bleu-vert. Pas la palette qu’on emporte en vacances, donc, à moins d’avoir envie de porter ce look-là tous les jours ou d’avoir la place dans ses bagages pour en glisser une autre.

Le format, j’y reviens, laisse si peu de place que le miroir qu’il renferme ne sert à rien. Personne ne peut se maquiller avec des pigments si punchy dans un truc pareil. On voit un cinquième de son visage à peine, à condition d’être parvenue par miracle à caler la palette quelque part sur le bord de son lavabo et d’être disposée à se contorsionner.

Dans ma salle de bain, sur mon bureau, en voyage, sur un bord de fenêtre… c’est tout à fait improbable. Moi en tout cas, je fais comme tout le monde, je tiens la palette d’une main sans compter sur le miroir et je tiens mes pinceaux de l’autre main.

Les fards sont bien pigmentés et c’est le point fort de cette palette selon moi. Des fards culottés, irisés ou mats, dont la matière est facile à travailler et qui font assez peu de chutes, comme d’habitude avec Urban Decay. En revanche, avec des couleurs pareilles, mieux vaut avoir une certaine dextérité, de bons pinceaux fermes et un soupçon de sang froid. Le dérapage est vite arrivé.

J’utilise toujours les rouges, les oranges et cuivrés avec parcimonie parce qu’ils ne flattent pas les peaux imparfaites, les petites veines, les rougeurs… et j’ai beau regarder les youtubeuses et mannequins qui « osent » les rouges mats ou irisés en total look, j’ai toujours l’impression qu’elles souffrent d’une sérieuse allergie au pollen ou un truc du genre. C’est sophistiqué, sans doute, mais moi ça me fait immanquablement penser aux éternuements, au nez qui coule et à la toxoplasmose.

Reste que la qualité de ces fards-là me plaît. En y allant petit à petit, avec un pinceau aux poils drus et courts (un article entier sur le choix des pinceaux ici), on arrive à construire la matière et à fondre les fards les uns avec les autres pour un résultat élégant. On gomme à mort sur l’extérieur de l’œil et dans le crease pour éviter les démarcations grossières. Et on nettoie juste sous les sourcils avec un fard beige (pas celui de la palette – le « salt » – malheureusement car je le trouve trop irisé et pas assez naturel ; j’en pioche un plus neutre dans la Ultimate Basics Naked en photo ci-dessous).

Ma préférence va à ce bleu métallique foncé « Plunge » avec lequel je ferai tôt ou tard un smoky. En hiver, peut-être, pour voir ce qu’il y a au-delà de la plage et des cocotiers. Pour l’heure, il fait un ras de cils absolument fantastique et booste le « Double Dip » turquoise subtilement et sobrement. Encore heureux parce qu’on frôle le drame avec le « Double dip ». Eloignez les chemisiers à jabot, les imprimés léopard et les coupes un peu vintage sous peine d’être totalement has been.

A mon avis il faut de la sobriété ou un style très maîtrisé. Une robe à fleurs, ok, mais avec un sac ou des bottines rock, sinon ça fait tarte. Des basiques de qualité, oui mais une paire de boucles d’oreilles dorées fortes sinon ça fait fade. Ou, évidemment, le choix du tropical à fond. Paréo, panier, fleur dans les cheveux. Direction la plage, mais pas pour se baigner, hein. Bref, un exercice de style que je n’ai pas mené lors de ce test. Avec mon t-shirt noir et mon vernis rouge, rien ne va. On est d’accord.

Avec des yeux marron, le rendu est vraiment convaincant ; la couleur est réchauffée à condition d’apporter une touche de netteté avec un très léger trait de Khôl – Chanel et de 24/7 Glide-On – Urban Decay en teinte « Mushroom » en ras de cil et dans la muqueuse.  J’y vais très doucement pour ne pas tuer l’effet du fard « Plunge » qui est décidément un coup de cœur. Et je termine par une couche de mascara Better than Sex – Too Faced.

Pour être honnête, je me suis reprise à deux fois pour faire ce look parce que les fards en ras de cil inférieur avaient tendance à marquer mes ridules et à alourdir mon regard. Ce n’est pas un problème de palette mais bel et bien d’âge et de manque de sommeil. Il y a des couleurs même chez Urban Decay qui ne nécessiteront pas tant de précautions mais avec des teintes aussi flashy, on n’a pas d’autre choix que de travailler la netteté et d’adapter son coup de pinceau. Pas question avec un bleu de se contenter de la paupière supérieure pour autant comme il y a 30 ans. Le problème, c’est moi et mon grand âge.

En somme, j’aime bien cette palette parce que je suis une collectionneuse et que j’en ai plein d’autres pour compléter ce que celle-ci n’a pas. A mon avis, il vaut mieux miser  sur la sobriété, sur la neutralité et faire d’un look comme celui-là une parenthèse exotique pour une journée de temps en temps. Tous les jours, ça fait cruche, vieille, sans goût, même si c’est bien travaillé. Je suppose que c’est comme ça, à Bora Bora. Le farniente, le ciel bleu, la plage et au bout de 15 jours une furieuse envie de faire autre chose que bronzer-nager-bronzer-nager-bron.. enfin vous voyez l’idée, quoi.

Je le précise, ce ne sont pas des fards de soirée. A la lumière des chandelles ou des spots, les bleus et les rouges se transforment en brun et ne présentent plus aucun intérêt. Ce sera au soleil ou ce ne sera pas. Et donc, à mon avis, à hauteur d’une application par semaine max en période chaude -mais pas caniculaire, hein, sous peine de dégouliner- on atteint le glorieux chiffre approximatif de 10 utilisations par an.

Mon Dieu que c’est triste d’être si pragmatique avec une palette taillée pour le coup de cœur et les fantasmes…  « Le cœur a ses raisons que la raison ignore »… ouais ben non. Mais je l’aime bien cette palette, je vous jure, parce que je la trouve punchy, parce qu’elle a une jolie promesse et des fards de qualité et parce qu’elle est différente. Mais ce ne sera pas le grand amour, je le regrette ; à mon âge, on a certes un problème de ridules mais, au moins, on sait faire la différence entre une belle histoire et un crush de vacances.

2 commentaires sur « Paris Tropiques (Urban Decay) »

Répondre à Aurélie Alias Mounette Annuler la réponse.

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s