Mrs Curles

J’avais hésité avec un titre qui en dit long (oh la la, vous allez voir la qualité du jeu de mots) sur le contenu de ce billet : Journal de Pousse. C’est le terme consacré lorsque l’on évoque le suivi de la pousse de ses cheveux. (Chouette, hein ? Le jeu de mots avec « qui en dit long »). Mais j’chais pas, « Journal de Pousse » ça me renvoie au jardinage, aux petites bêtes et à la cueillette des tomates, pas à mes cheveux.

Il y a quelque temps, j’ai décidé d’arrêter de me lisser les cheveux pour retrouver la matière de mon enfance. Mes cheveux se sont mis à vivre leur vie après des années de contraintes et d’obstination quotidienne à les laver, les nourrir et les lisser religieusement avec un sèche-cheveux. Dans ma folie du lisse, j’ai tout de même gardé quelques réflexes de bon sens : pas de fer à lisser, pas de produits chimiques coup de poing dans la gueule.

En revanche, je me suis pendant deux décennies (et je le fais encore) adonnée au plaisir coupable d’un shampoing et d’un soin – ou plus – tous les jours. « C’est trop ! », « C’est trop ! », « Beaucoup trop ! »… m’ont répété tous les coiffeurs que j’ai eu le bonheur de croiser. Sauf que tous ont admis que mes cheveux étaient en bonne santé. Je suis apparemment une miraculée des sulfates.

Pour alimenter la controverse, rappelons qu’aujourd’hui nombreux coiffeurs et spécialistes du cheveux ne voient plus d’un mauvais œil le shampoing quotidien. Les formules ont paraît-il changé, notamment avec la profusion de shampoings bio ou doux pour les cheveux fragiles. Pour ma part, je préfère jongler d’une semaine à l’autre avec des shampoings différents au gré de mes envies mais je privilégie les formules pour cheveux secs et les après-shampoings et masques riches pour nourrir les cheveux et éviter de les voir casser ou se dédoubler. Et ça marche, même quand on utilise comme je le faisais jusqu’il y a peu un sèche-cheveux tous les jours.

Je vous ai parlé de Lucille dans un post précédent. Joliment prénommée comme l’arme chérie de Negan (pour les profanes, il s’agit d’un personnage de The Walking Dead), c’est une main de fer dans un gant de velours. Elle lisse les cheveux sans les brûler car il s’agit messieurs-dames d’une brosse soufflante et non chauffante. Nuance ! La différence est notable car dans le premier cas, elle sèche tandis que dans le second, elle chauffe (et se rapproche sans en avoir l’air des fers à lisser qui bousillent en un clin d’œil les cheveux).

J’ai rangé Lucille, donc, mais je la ressors occasionnellement juste pour le plaisir… Lucille, je t’aime.

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J’ai fait il y a 2 ou 3 mois ma première coupe « cheveux bouclés ». Et pour ceux et celles qui se demandent ce que ça peut bien changer, la réponse se voit justement quand l’envie me prend de me faire un brushing à l’ancienne. Des crans partout, une coupe bancale réalisée en 3 temps :

  • Une coupe classique dégradée
  • Séchage aux doigts pour voir comment les cheveux se mettent en place
  • Une finition aux ciseaux pour rectifier la structure en fonction des boucles

En somme, ce sont les boucles qui ont le dernier mot. Une révolution dans ma stratégie capillaire.

Dans l’idée, les cheveux bouclés c’est chouette, c’est gai, c’est limite festif. Du volume, des mèches qui s’entortillent joliment, un look pétillant… Super. Mais dans les faits, cette vision idyllique est à nuancer quelque peu.

Il y a des mèches entières qui vivent leur vie indépendamment du reste de la chevelure. Il y a des épis, des cheveux fins et raplapla, des boucles serrées et bordéliques, des textures mousseuses, floues, moches… et, cerise sur le gâteau, le risque de changer d’heure en heure de tête : passer du bouclé peps au mou qui fait la gueule ou l’inverse, démarrer la journée avec une coiffure maîtrisée et la finir en donnant l’impression d’avoir mis la tête dans le mixeur. Bref, c’est du boulot.

Mais le boulot est nettement facilité en 2018 par des produits efficaces et qui tiennent leur promesse toute la journée. J’ai déjà évoqué les produits Maui il y a quelques semaines dans un post-vidéo. Je faisais alors leur découverte et celle du reste de la gamme (trop chère malheureusement pour que je puisse l’utiliser toute entière au quotidien).

Ce spray Bamboo Fibers Blow Out Mist a pour objectif de donner du corps à la chevelure et mes cheveux fins en ont grandement besoin. J’apprécie énormément la finesse du spray et l’effet qui se construit, si cela s’avère nécessaire, en plusieurs fois. Si la chevelure manque de matière après séchage, on vaporise encore et on recommence jusqu’à obtenir l’effet désiré. Et le must, il tient toute la journée, sans coller. Le résultat est très naturel ; on peut passer les doigts dans ses cheveux sans crainte.

J’aime moins en revanche cette forte odeur de coriandre qui a tout de même l’élégance de se dissiper au séchage. Le séchage, justement, parlons-en. Si j’étais sage, je continuerais d’utiliser le diffuseur car il fait de jolies boucles sans éparpiller les cheveux et casser les mèches. Mais il présente l’inconvénient de toujours s’empêtrer dans son trop long cordon d’alimentation (c’est un sèche-cheveux professionnel) et le sort est ainsi jeté. A la précision d’un matériel de pro, je préfère finalement la praticité d’un sèche-cheveux de voyage ordinaire en n’omettant pas cependant de sécher par dessous pour donner plus de ressort aux boucles. C’est déjà ça.

Pour de jolies boucles, bien dessinées, j’utilise toujours le Coconut Oil Curl Smoothie qui hydrate et nourrit les cheveux. Une toute petite quantité suffit, ce qui rend ce grand pot hyper économique malgré un prix unitaire un peu cher (10,91€ !!! – idem pour le spray). Et le parfum est tout à fait divin à l’approche de l’été.

Il convient notamment pour remplacer les crèmes de jour René Furterer et Klorane que j’affectionne pourtant. La qualité de ces produits n’est évidemment pas à remettre en question mais en termes de rapport quantité utilisée / prix, je ne peux que revenir vers le smoothie Maui qui me durera des mois. Quand à la Mousse Amplifiante Voluméa – René Furterer (si si, amplifiante, c’est son nom), le souci repose davantage sur la nature du rituel. Je n’aime pas trop les mousses. Reconnaissons tout de même que celle-ci ne colle pas et qu’elle joue plutôt bien son rôle. Mais moi je peine à gérer la répartition du produit dans les cheveux, j’ai l’impression d’appliquer du gel comme quand j’allais en soirée au collège et il me manque le plaisir d’un parfum exotique et d’une texture doudou. Je le recommande quand même.

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Au fil des semaines, ma chevelure semble gagner en épaisseur et en matière et mes boucles se dessinent davantage. J’apprends à imaginer des looks plus chic avec quelques épingles à chignon réalisés en quelques minutes. J’apprivoise mes cheveux, j’apprends à les dompter et à les accepter.

Je n’ai pas recoupé depuis cette solennelle décision de redonner leur vraie nature à mes cheveux. Je ne les colore pas, même si je compte à présent pas mal de fils blancs. Je voudrais voir ce que ça va donner, leur faire confiance. Et à 40 ans, j’envisage même de m’offrir le luxe de laisser pousser pour voir à quoi Madame Curves pourrait bien ressembler avec des cascades de boucles dans le dos. Je ne suis pas convaincue que cela convienne à mon visage mais comme dit l’adage, « souvent femme varie »… Il n’est pas dit que je ne reviendrai pas à mon carré-frange lisse. D’un extrême à l’autre, d’une coupe sage et classique à la folie douce tout en circonvolutions capillaires. Tout ou rien. On verra bien. Mais pour quelques mois encore, au moins, Madame Curves se change en Mrs Curles.

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