Le Smoky Après 40 Ans

Matin d’école ordinaire, pas encore à la bourre mais pas en avance non plus… et là, l’idée géniale, oh tiens ouais, je vais me faire un smoky… Quand on est initiée, on sait que matin d’école et smoky sont purement et simplement incompatibles. On le sait et pourtant il arrive que l’envie soit plus forte, malheureusement.

Ce matin-là, j’ai commis les erreurs les plus classiques. Fard trop pigmenté, couleur mal choisie, coup de main trop pressé pour être net, etc. et, cerise sur le gâteau, l’injonction de chercher un porte-clef panthère en peluche dans un boxon fait de crayons de couleurs et de figurines. C’était une urgence. Apparemment.

Je suis partie pour l’école en faisant la gueule avec un look de meneuse de revue cheap et une paire de lunettes de soleil pour me planquer un peu. A 8h du matin. Au mois de mars.

Mais j’ai retrouvé la panthère.

Ce qui est troublant, c’est le côté implacable de la chose. Un raté, c’est un raté, ouais mais force est de constater qu’on n’a pas les mêmes à 20, 30 ou 40 ans. Ce jour-là, j’avais choisi un gris bleuté parfaitement en accord avec mes cernes. Et mat en plus, pour m’assurer que les traits aient l’air bien fatigués comme il faut.

Le temps est venu pour moi semble-t-il d’abandonner les mats gris bleutés pour des textures et des rendus plus fondus. Cette infortune du matin d’école m’a permis de refaire le point sur les fondamentaux du smoky passé la quarantaine et de vous en dresser la liste avec un tuto qui est, je vous l’accorde, loin d’être parfait (mais qui a l’avantage d’être réaliste).

Disclaimer

J’en profite pour glisser un petite précision, : il m’arrive d’utiliser des filtres pour les photos de mes articles mais pas là. Les différences de luminosité et de grain de peau sont dues au réglage automatique des contrastes de mon appareil photo. En d’autres termes, si vous voulez avoir l’air pimpante dans les albums de famille, préférez un maquillage plus tranché (yeux forts ou bouche rouge) ; votre appareil fera le reste.

Ici, pas de filtre, donc, et des photos dans un style repris de justice absolument irrésistible. C’est ce qu’on appelle de l’honnêteté intellectuelle ami(e)s lecteurs car j’ai voulu regarder l’objectif sans sourire pour mieux se rendre compte des proportions du visage et de l’effet de mes petits trucs maquillage. Ouais, j’ai l’air de bouder mais ne vous y trompez pas, intérieurement je suis extatique.

1.Hydrater

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Pour commencer notre cheatlist, un conseil de sage : hydrater sa peau. Malheureusement, la sagesse vient avec le temps et donc, l’âge. Ce qui me semblait il y a encore 10 ans superflu ne l’est plus et ne l’a d’ailleurs jamais été. Hydrater sa peau est le geste beauté le plus essentiel, à tout âge. La différence avec avant, c’est qu’aujourd’hui, faire l’impasse sur cette étape-là se voit davantage. Il paraît d’ailleurs que ça ne fait qu’empirer avec les années… fait suer.

Le temps, toujours lui, a fait son oeuvre sur ma sélection de produits. Autrefois, j’avais la peau mixte à problème d’une adolescente puis d’une jeune femme ; aux textures riches, je préférais toujours les formules gélifiées, fraîches et légèrement astringentes aussi. J’étais jeune et insouciante ; je croyais qu’une peau, ça se décape, ça se mate, ça se dresse. J’avais tort. Mais à ma décharge, Youtube n’existait pas encore et je faisais mes petites expériences toute seule.

20 ans plus tard, ma peau apprécie désormais les textures plus riches, plus crémeuses et les routines de soin plus complètes. Je suis officiellement passée dans la redoutable catégorie des « peaux matures » et la radio diffuse depuis quelques semaines un spot me permettant de bénéficier d’une réduc’ épatante sur les lunettes. Yay !

Une routine de soins plus complexe

Je termine actuellement les Brumes de soin – Taaj dont je vous ai parlé dans un précédent post. Pas transcendantes, avec un spray qui arrose plus qu’il ne vaporise, le geste beauté manque un peu de confort et de glamour. Je les termine gentiment et je ne les rachèterai pas. Je préfère, une fois encore, l’Eau de Beauté – Caudalie (qui coûte également 3x plus cher ; ça mérite d’être souligné).

J’ajoute ensuite le Sérum au Magnolia – Korres, hyper hydratant à l’acide hyaluronique qui n’est malheureusement plus commercialisé (je me suis constitué pas mal de backup). Puis viennent l’Hydrorush – Clinique et le Soin Contour des Yeux à l’avocat – Kiehl’s, crémeux, hydratants, nourrissants et confortables.

Le contour Kiehl’s se fond agréablement dans la peau et se change presque en eau. Je ne sais pas comment ils arrivent à faire un truc pareil. Riche mais pas collant le moins du monde et qui facilite l’application de l’anticernes. C’est un miracle.

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Une fois les soins appliqués, ma peau est prête pour le maquillage. J’ai bien conscience que ma routine de soins n’est pas parfaitement adaptée à ses besoins. Rougeurs, pores dilatés et quelques défauts de pigmentation sont visibles et nécessiteraient que je revoie certains produits. Mais ma peau est plus rebondie qu’avant et, déjà, je me félicite de choisir plus volontiers des textures plus épaisses et plus riches. L’âge, décidément, sera le fil rouge de cette petite chronique.

2. Le teint

J’opte toujours pour les mêmes gestes et les mêmes textures légères. Je préfère à présent les fonds de teint pas trop couvrants et liquides comme le Dream Wonder Nude – Maybelline, appliqué au pinceau avec des gestes caressants. J’ai abandonné la promesse d’un teint zéro défaut des fonds de teint plus pigmentés, non pas qu’elle soit mensongère mais plutôt parce que je trouve qu’ils cartonnent la peau et qu’ils ont la fâcheuse tendance à tourner au maquillage mortuaire. C’est embêtant tout de même.

En parlant de maquillage mortuaire, je regarde de temps à autre les stories Huda Beauty sur Instagram et je suis à chaque fois horrifiée du rendu carton pâte et faux cils. Allez, juste pour le plaisir des yeux, je vous en colle un exemple directement tiré de leur site web : Tadaa !

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Avec mon petit fond de teint liquide, mon pinceau Real Techniques habituel et des gestes moins fermes, le rendu est plus fin et plus uniforme qu’en appuyant davantage. Merci Lisa Eldridge. Et il me semble aussi que le résultat est nettement plus élégant qu’un maquillage aussi mastoc que celui que je viens de vous montrer. Faux cils-balais d’essuie glace, eyeliner-Ripolin, contours des lèvres qui dépassent, sourcils Iznogoud et highlighter-catadioptre… c’est plus du maquillage, c’est du tuning. Je déteste.

Je préfère rester sage, carrément routinière. Côté teint, pas grand chose de nouveau, donc, si ce n’est l’Anticernes / Concealer All Nighter – Urban Decay que j’ai choisi dans une teinte trop claire à mon avis. Mais j’apprécie sa longue tenue et ses pigments même si mes cernes bleutées sont toujours un peu visibles sous certains éclairages. Et c’est un souvenir de weekend entre copines à Londres alors je me suis attachée à cette petite chose. Forcément. Je suis une sentimentale, moi.

Je préfère avoir la main légère parce que trop de matière aurait tendance à alourdir mon regard. Ridules, grain de peau irrégulier, cernes creusées sont soulignées par les excès de produit et aux tutos des youtubeuses américaines de 20-30 ans je préfère ceux des blogueuses beauté de mon âge ; non, à 40 ans, on ne se tartine pas la moitié de la joue d’anticernes (à 20 ans, on devrait pas non plus en fait).

Contouring

Et zou ! Je me lance dans un léger contouring histoire d’enfoncer le clou du maquillage passé la quarantaine. Léger, j’ai dit avec le Sculpting Multiple Duo – Nars avec ses textures crèmes de bronzer et d’highlighter. On n’écoute pas les sirènes diaboliques Kardashianesques et on remballe l’enthousiasme quand il s’agit de contouring. Inspirez… soufflez… tout va bien se passer si on garde la tête froide.

J’aime le principe de ce bâton à double embout ; d’un côté le bronzer, de l’autre un highlighter un peu faiblard à mon goût mais avec une texture crème qui me permet de l’appliquer au pinceau (le même que celui que j’utilise pour mon fond de teint).

J’utilise le bronzer pour sculpter l’oval du visage, creuser légèrement les joues, atténuer le bout de mon nez que je trouve trop proéminent et pour donner un peu plus de relief au-dessus des sourcils, comme si le soleil avait apporté quelques légères couleurs. Pour les mauvaises langues, je fais cette tête-là pour indiquer le creux de la joue qui va servir de repère à l’application du trait de bronzer. Pas pour faire genre !

L’highlighter convient pour apporter de la lumière sur le haut des pommettes, le nez et l’arc de cupidon. Le visage prend plus de relief. Cet highlighter-là est plus que discret et sous la poudre, il se devinera à peine. C’est ce que je veux finalement.

Une très légère pointe de Blush Crème – Sleek hyper pigmenté – à manipuler avec beaucoup de précautions pour éviter de tomber dans le look poupée russe – puis un voile de poudre HD – Make Up For Ever et le teint est fini.

Le teint est essentiel quand on fait un maquillage prononcé. Euh… quand on fait un maquillage prononcé et même quand on n’en fait pas. Le teint est essentiel, point barre. Et plus les années passent, plus cette étape-là mérite que l’on s’attarde sur les textures, la pigmentation et les compositions adaptés à sa peau, sa carnation et son mode de vie.

3. Les yeux

Pour la suite de notre petit tuto, je ne commets pas de nouveau l’impair de tomber dans des textures difficiles à travailler. Si vous avez suivi mes deux posts de revues de palettes (revue 1 et revue 2), vous savez pourquoi je choisis une palette Marc Jacobs pour plus de sécurité. Fards crémeux, longue tenue, faciles à travailler, jolies couleurs… tout y est.

Des pinceaux…

Je pioche parmi mes pinceaux Real Techniques et Sephora pro (celui qui est tout à gauche) et je zappe le pinceau ordinaire Sephora (celui qui est tout à droite).

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La différence entre la gamme pro et la gamme ordinaire est évidente ; d’un côté des pinceaux longs, faciles à tenir, avec des poils denses, ni trop souples, ni trop fermes et une application précise… de l’autre, des poils trop longs, pas assez denses et trop souples qui vont avoir tendance à répandre de la poudre un peu partout. Hello panda !!

… et des fards

Qu’on se le dise, il faut de bons pinceaux pour un joli smoky. Les bons maquilleurs pourront se débrouiller avec un seul pinceau de qualité professionnelle mais il faudra de la dextérité et pas mal d’entraînement. Je jongle entre plusieurs textures et plusieurs pointes de pinceaux selon que je veuille dessiner le ras de cil, gommer, appliquer ou fondre le fard. J’adapte le pinceau et la gestuelle à la pigmentation, à la texture et à la couleur des fards.

  • Fard crème, métallisé et très coloré (un violet par exemple) et je préfère un pinceau plat, plus ferme et moins dense pour poser la matière.
  • Fard fondant (c’est le cas des Marc Jacobs) et je choisis le pinceau pro à gauche pour fondre la matière.
  • Fard très poudreux et j’y vais avec un petit pinceau plat (comme ceux que l’on conseille pour l’anticernes) ; je pose la matière par petites touches, même si ça prend du temps et je construits la couleur sans prendre le risque de faire trop de chutes. Du boulot, oui, mais rien comparé à celui qui consisterait à refaire le teint en entier et repartir à zéro.

Pour ce smoky, j’applique sur l’ensemble de la paupière le fard 1 et en ras de cil le 2. Bien que les fards Marc Jacobs fassent peu de chutes, je n’oublie pas de souffler sur le pinceau à chaque fois que je vais prélever de la matière dans la palette. Je pose en aplat et je gomme ensuite les contours pour un effet fumé.

Apporter plus de définition

Sur un smoky, préférez un Khôl ou un Kajal noir un peu gras en ras de cil et fondez-le en ras de cil à la poudre noire. Dessinez un trait de crayon à l’intérieur de la muqueuse. Sur un maquillage clair, j’exclus le crayon noir et plus encore s’il est gras parce qu’il aura tendance à se déplacer et manquer de netteté au fil des heures. Ici, il est fondu. La netteté n’est pas de mise. On ajoute certes de la définition, de la structure, mais on ne fait pas des contours comme ceux des personnages de bande dessinée. On fait ressortir le blanc de l’œil, on souligne les cils, on apporte de la profondeur.

Le crayon, même s’il est gras, doit avoir une bonne tenue et une bonne pigmentation. Aucun souci avec ce crayon Chanel qui tient la route sans flancher toute la journée et qui ne file pas dans le coin de l’œil. Il existe également chez Urban Decay une gamme Waterline conçue pour tenir dans la muqueuse. Je vous la conseille.

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Pour le mascara, j’opte pour une fois pour le Perversion – Urban Decay que je gardais dans le fond de mon tiroir ; mon Better Than Sex – Too Faced était dans mon sac à main et j’ai choisi la solution de facilité de l’y laisser. Si la définition des cils est sympa avec le Perversion, c’est avant tout parce que ce mascara est assez vieux pour avoir perdu un peu de sa texture trop liquide.

J’ai vu Lisa Eldridge conseiller le Perversion pour cette qualité précisément : je peux le comprendre, quand il s’agit de maquiller un mannequin avant de l’envoyer sur le catwalk on peut peut-être s’offrir le luxe de construire petit à petit les cils avec une texture de ce genre.

Mais mon catwalk à moi a un cartable, un volant et, éventuellement, un porte-clef panthère. Perversion n’est pas compatible avec mon mode de vie ; je ne peux pas me permettre de chercher mes clefs en courant partout et veiller pendant une demi-heure à ce que mes cils ne se soient pas décoiffés par le sèche-cheveux ou la ventilation de la voiture. J’exagère même pas. Ce mascara m’a rendue dingue religieusement chaque matin à l’époque où j’avais encore une frange et qu’il fallait la lisser. Un enfer. Reste que pour ce smoky, j’aime l’effet sur mes cils, je dois le reconnaître.

Dernières touches avec le crayon à sourcils Benefit et ce tout petit rouge à lèvres nude Marc Jacobs. Avec un maquillage des yeux forts, pas question de couleurs franches sur les lèvres et pas question non plus de dessiner des sourcils plus larges qu’ils ne le sont. Ce crayon Goof Proof – Benefit me déçoit par rapport à la version mascara que j’aime tant. Trop rouge, il n’est pas adapté à ma couleur de cheveux mais la raison m’oblige à le finir avant d’en racheter un autre. La sagesse, c’est pas marrant décidément.

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Pour celles qui affectionnent les crayons à sourcils, je ne saurais que trop vous conseiller le Brow Wiz – Anastasia avec sa mine très fine tellement plus précise et sa couleur moins rouge. Il est top surtout si, comme moi, vous avez dans le sourcil un souvenir visible de votre varicelle. Et il présente un embout brosse hyper pratique pour coiffer les sourcils une fois la couleur appliquée. Je l’adore. Son prix de 25€ a en revanche un peu de mal à passer pour une mine si courte. Il faut en changer assez vite.

Une paire de boucles d’oreilles et un séchage des cheveux aux doigts et le look est fini. L’honnêteté intellectuelle, toujours elle, m’incite à vous présenter le même maquillage les cheveux relevés pour un avant / après en bonne et due forme.

Je suis passée en 20 minutes d’un état en apparence dépressif et morne à celui d’une femme de 40 ans qui s’assume. Je suis plutôt satisfaite du résultat qui correspond assez à ma personnalité et à la réalité : je ne retoucherai pas mon maquillage de la journée. Il devra vivre sur moi sans tourner au ridicule. Ça devrait aller.

Cette semaine, j’ai entendu sur Radio Nova une chronique sur un rouge à lèvres. Le présentateur lisait un article tiré du magazine Grazia sans changer le moindre mot. Ça gloussait, ça s’étonnait de ne rien y comprendre. Moi je comprenais tout et j’en ai conclu que, pour le chroniqueur, c’était pas forcément une bonne chose.

Je suppose que, pour filer la métaphore du tuning évoquée plus haut, lire Auto Moto me ferait rigoler aussi. Capital, Modes et Travaux et j’en passe font tous référence à un verbiage, un logiciel de pensée, une adhésion… Le chroniqueur aurait pu lire et glousser sur ces articles-là aussi. Le maquillage, c’est con, c’est faux, c’est conventionnel, c’est un peu ridicule, peut être. Comme les casques de scooter design, les smartphones à la mode, les figurines de super héros pour collectionneurs trentenaires, et j’en passe. Tout ceci est inutile et vain, sans doute.

Mais qu’on le croit ou pas, qu’on y adhère ou pas, le maquillage permet aussi de se faire plaisir et de s’émanciper. Un peu, beaucoup, au moins autant qu’il discipline les femmes et les ados à apprendre ses codes et ses techniques. Un point partout. Mais moi, je l’affirme, il a aidé la jeune fille un peu gauche, timide et incertaine d’il y a 20 ans à s’affirmer un peu quand après une adolescence plutôt sage, elle mariait des pigments Make Up Forever dingues avant d’aller à la fac. C’est une affirmation de soi, d’un certain soi. C’est un droit, enfin, à se prendre au sérieux dans une activité en apparence tout ce qu’il y a de plus futile. Ouais, on s’en fout. A mon âge – et à n’importe quel âge d’ailleurs-, on a le droit, on a tous les droits. Et le smoky après quarante ans, ça passe crème, sista. Si tu connais pas, toi aussi tu devrais essayer.

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